Petite Bibliothèque Payot, 2001.
Traduit de l’allemand par Dominique Miermont.
Topique : Voyage et récits de voyage
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Refusant de regarder la mort en face, pourtant omniprésente dans ce récit, j’avais gardé en mémoire le titre moins noir et plus exotique L’Amour en Perse. J’avais commencé d’écrire lorsque j’ai pris conscience que c’était bien de mort qu’il s’agissait et non d’amour. Tod in Persien.
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En Perse, la mort est accompagnée de son cortège d’angoisses, de peurs incompréhensibles qui assiègent le corps et l’âme de la narratrice. Peur de la fièvre et de la malaria. Qui monte et désempare. Peur de la chaleur intolérable qui cloue le corps, abasourdi sous la tente. Peur des vents du désert qui déplacent les collines, peur de la montagne et de la nuit. Peur envahissante et destructrice qui anéantit la narratrice.
En proie au désespoir le plus profond, la jeune archéologue est à bout de forces. Elle a fui l’Europe, une famille qui ne la comprenait pas, une mère possessive dont elle voulait se libérer, des amis qu’elle chérissait trop. Elle n’a trouvé sur les pistes de la Perse que la peur et la mort. La mort et la peur. Incapable de quitter le vaste pays, elle l’est tout autant d’y rester. Jusqu’à la dernière page, Annemarie Schwarzenbach lutte pour trouver la force de survivre. Désespérément seule dans sa nuit, elle s’arrime au mât de la mort.
Récit très émouvant, La Mort en Perse dilue au fil des pages, mêlé aux images sublimes de paysages inscrits de tout temps dans notre mémoire, un sentiment confus de malaise étouffant. D’une « inquiétante » et belle « étrangeté ».
Angèle Paoli
D.R. Texte angèlepaoli
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