
Ph. GAdC, Mouans-Sartoux 2009
Guidu Antonietti di Cinarca, qui a vécu à nos côtés (Y.T. et moi-même) l’aventure de TdF depuis ses origines, a quitté le navire en décembre 2025. Sa mort brutale et inattendue m’a durement éprouvée et c’est quotidiennement que je ressens son absence.
Guidu était un ami cher, un cinarchese des hautes montagnes du Sud, qu’Yves et moi tenions en haute estime. Architecte à Aix-en-Provence, photographe à l’œil sûr, grand amateur d’art (peinture italienne et art contemporain), il s’était engagé et impliqué dans TdF depuis 2004. Passionné de poésie (ah, Rimbaud !), il avait découvert l’existence de ma revue en surfant sur la toile. Il s’était immédiatement proposé de nous accompagner dans nos recherches et de nous épauler dans notre travail quotidien de créateur (illustration, iconographie, photographie). Il ne comptait ni son temps ni son enthousiasme. Il avait l’art de réagir instantanément sur un vers ou une phrase et de dénicher aussitôt dans ses dossiers la photo qui allait pouvoir l’illustrer. Ce qui ne signifiait nullement accoler au texte une image redondante. Cette alliance et cette coordination spontanée donnaient à Terres de femmes une note très personnelle et très attrayante. Guidu formait avec Yves un tandem solide et de très bon aloi et il arrivait parfois que leur dialogue débouche sur une révision de copie lorsque le choix de l’image proposée n’allait pas dans le bon sens. C’était un moment de dialogue et d’échange, souvent savoureux, entre les deux partenaires. Tous deux avaient à cœur de me plaire et de satisfaire mon attente. La concertation permanente entre nous trois était toujours positive et bienveillante. Ensemble nous avons partagé en Corse, outre de bons vins, de belles baignades et d’étonnantes escapades, quelques expositions concoctées par nos soins, des lectures accompagnées d’images de son cru. Ainsi que quelques travaux alliant ses photos et mes textes. L’imagination de Guidu et son appétit d’innovation étaient sans limite.
Aujourd’hui me voilà seule pour mener à bien notre « petite entreprise » et pour perpétuer la mémoire de l’un et celle de l’autre. Mais tous deux me manquent, pour les qualités propres à chacun, pour la qualité de nos échanges et pour l’incroyable complicité qui nous a procuré à tous trois un « supplément d’être ». J’espère pouvoir poursuivre mon travail dans leur sillage et ne pas les décevoir.
A.P.
Laisser un commentaire