Topique : Insularité
JE CHOISIS L’ÎLE
« Je choisis l’île parce qu’elle frappe d’absurdité la reculade, qu’elle décourage l’évasion et rend vaine l’avidité.
Je la choisis comme on rompt les amarres, on brûle ses vaisseaux. Pour me trouver plus sûrement sans médiateur – ainsi que dans ces schismes où le fidèle veut en revenir à la simplicité des origines.
« Se dépouiller, et d’abord d’une traîne de paon, grands espaces terrestres où déployer nos vanités ; et se faire l’otage d’un lieu sans fin lavé, récuré, où paresse ni démission ne se conçoivent. Comme on se livrerait au bûcher purificateur – et qui oserait dire qu’on ne vit pas ici dans un embrasement ?
« Se dépouiller pour mieux accueillir, mieux recevoir, en sa ruée à peine soutenable – l’immensité. (Si vaste soit un continent, il n’est pas, lui, tout entier à votre seuil !)
« Se dépouiller pour prendre sa mesure. Or, ce n’est que dans l’île – ou en montagne ou au désert, et c’est tout un – au cœur de l’éventail des éléments, qu’on se découvre un dérisoire fétu. Je choisis l’île parce que le grand miroir qui l’entoure n’est pas de ceux qui flattent l’homme… »
François Solesmes, L’Île même, Encre marine, Fougères, 2005, page 25.

FRANÇOIS SOLESMES ![]() Voir aussi : – (sur artslivres.com, n° 27, 15 juin 2006) un entretien avec François Solesmes ; – (sur Terres de femmes) François Solesmes/L’île est d’abord femme. |
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