
Odilon Redon
La Barque Mystique
Pastel, v. 1890-95
51 x 63, 5 cm
The Woodner Collection, New York
Source
DUE RIVE
Una barca attraversa l’acqua, poco prima dell’alba:
Si avvicina? Si allontana? Nella luce
metallica, ancora, grigia, nell’aria fredda,
tra i vapori e le brume notturne, va sicura
e sposta adagio l’acqua, remo su remo.
Poi arriverà anche il giorno, a illuminare
quello che era indistinto. Ma la barca
solca un confine fragile
e scompare. Che sia inutile,
questo viaggio. Inutile ed essenziale.
Nessun trasporto, o luogo dove andare.
Solo l’acqua da attraversare,
la luce da anticipare,
il giorno da separare
dalla notte.
Fabio Pusterla, II, Isla persa, Pietra sangue, Marcos y Marcos, Gli Alianti 69, Milano, 1999, page 43.
DEUX RIVES
Une barque traverse, un peu avant l’aube :
elle approche ? s’éloigne ? Dans la lumière
encore métallique, grise, dans l’air froid,
parmi les brumes, les buées nocturnes, elle avance
et déplace lentement l’eau, rame après rame.
Le jour ensuite viendra éclairer
ce qui était confus. Mais la barque
franchit une frêle frontière
et disparaît. Soit ce voyage
vain. Essentiel et vain.
Pas de fret, nul lieu où aller.
Rien que ces eaux à traverser,
de la lumière à devancer,
rien que le jour à diviser
de la nuit.
Fabio Pusterla, Deux rives, Cheyne éditeur, Collection D’une voix l’autre, 2002, pp. 12-13. Traduit de l’italien par Béatrice de Jurquet et Philippe Jaccottet.
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