Zoé Valdés, Louves de mer,
Gallimard, Collection Du monde entier, 2005.
Roman traduit de l’espagnol (Cuba) par Albert Bensoussan.
Gallimard, Collection Du monde entier, 2005.
Roman traduit de l’espagnol (Cuba) par Albert Bensoussan.
Changeant de noms, d’identités, de maris, de combats, ces deux impitoyables « guérillères », qui manient en diablesses cimeterres et épées, défendent leur vie et les couleurs de leur galion en étripant sans frémir. Fureur et habileté à esquiver les coups, à tailler en pièces par le menu leurs adversaires, leur vaut l’admiration et le respect de leurs pairs. Elles pillent et rançonnent sans quartier les bateaux qui tombent entre leurs griffes. Chacune mène sa vie d’aventures et de déboires, jusqu’au jour où la destinée de l’une croise celle de l’autre. La rencontre a lieu en mer. Ann Bonny et Mary Read, désormais amantes inséparables, partagent batailles sanglantes et amours clandestines auprès du capitaine Jack Rackham, la « terreur des Caraïbes ». Les aventures passionnées et violentes conduisent les jeunes louves jusqu’à la tragédie finale. Celle qui coûtera la vie à l’équipage du vaillant galion Kingston. Et la mort de Mary Read.
A travers ce roman, admirablement mené, construit à partir de données historiques précises, Zoé Valdès fait revivre le monde de la flibuste et de la grande piraterie qui, au large de Cuba, hantait les mers de la Nouvelle-Providence. C’était l’époque de Woodes Rogers, gouverneur des Bahamas et de Calicot Jack. Mais cette fresque aux volutes baroques s’accompagne aussi de la peinture de la traite des noirs. Réalité impitoyable dont ressort en filigrane une remise en question déjà amorcée par les Lumières.
Au travers des aventures de ces deux femmes pirates, c’est le sillage endiablé de toute une tradition picaresque que draine avec elle Zoé Valdés, porteuse des mythologies de son passé et de ses terres. En digne héritière des deux louves de mer, Zoé Valdés porte haut le fleuret qu’elle manie avec superbe. Signant son ouvrage d’une écriture non mouchetée, rude et sensuelle, aux saveurs épicées. Ah ! les belles scènes de rage, amoureuses ou guerrières ! Une écriture fière et rebelle au service d’un théâtre flamboyant de la cruauté.
Angèle Paoli
D.R. Texte angèlepaoli
| ■ Zoé Valdés sur Terres de femmes ▼ → 2 mai 1959 | Naissance de Zoé Valdés (+ extrait de Louves de mer) → Chasteté, chasteté → Portrait de la femme qui ne sait que faire de sa vie → Zoé Valdés | Paquita Valdès (billet d’AP) → (dans la galerie Visages de femmes) Portrait de Zoé Valdés |
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