|
Neuvième anniversaire de la mort de Maurice Blanchot, le 20 février 2003.
|
C’EST LA CHANCE DU POÈME…
« Quand la parole emprunte à l’oracle sa voix où ne parle rien d’actuel, mais qui force celui qui l’écoute à s’arracher à son présent pour en venir à lui-même comme à ce qui n’est pas encore, cette parole est souvent intolérante, d’une violence hautaine qui, dans sa rigueur et par sa sentence indiscutable, nous enlève à nous-mêmes en nous ignorant. […]
C’est la chance du poème que de pouvoir échapper à l’intolérance prophétique, et c’est cette chance qu’avec une pureté dont nous nous rendons mal compte, l’œuvre de René Char nous offre, elle qui nous parle de si loin, mais avec une intime compréhension qui nous le rend si proche, – qui a la force de l’impersonnel, mais c’est à la fidélité d’un destin propre qu’elle nous appelle, œuvre tendue mais patiente, orageuse et plane, énergique, concentrant en elle, dans la brièveté explosive de l’instant, une puissance d’image et d’affirmation qui « pulvérise » le poème et pourtant gardant la lenteur, la continuité et l’entente de l’ininterrompu.
D’où vient cela ? C’est qu’elle dit le commencement, mais par la longue, patiente, silencieuse approche de l’origine et dans la vie profonde du tout, en donnant accueil au tout. »
Maurice Blanchot, « La Bête de Lascaux », Une voix venue d’ailleurs, Gallimard, Collection Folio Essais, 2002, pages 62-63.
| ■ Maurice Blanchot sur Terres de femmes ▼ → 22 septembre 1907 | Naissance de Maurice Blanchot ■ Voir aussi ▼ → le site Maurice Blanchot et ses contemporains → (sur remue.net) Maurice Blanchot, l’hommage de remue.net |
Retour au répertoire du numéro de février 2007
Retour à l’ index de l’éphéméride culturelle
Retour à l’ index des auteurs
Laisser un commentaire