LA MATIÈRE EST LANGAGE
Quelqu’un a murmuré : Montagne ― et elle s’est levée de la nuit en grondant,
quelqu’un a sommé la mer, et les flots ont déferlé en tempête.
J’ai prononcé ton nom, mais tu n’en finis pas de tarder.
Ainsi donc la matière est langage. Dans le vide absolu, des atomes
tracent des galaxies, et la perspective d’un brin d’herbe,
que je regarde, songeur. Tu voltiges
sous ta propre lumière dans un autre univers. Toi
que je ne sais nommer, ni effleurer.
Pentti Holappa, Locataire Ici-Bas, 1983, in Les Mots longs, Poèmes 1950-2003, Éditions Gallimard, Collection Poésie/Gallimard, 1997 ; édition augmentée 2006, page 92. Traduit du finnois par Gabriel Rebourcet.
PENTTI HOLAPPA ![]() D.R. Ph. Jean-Marc de Samie Source : cipM ■ Pentti Holappa sur Terres de femmes ▼ → Tu jettes l’ancre ■ Voir aussi ▼ → (sur Esprits Nomades) une page sur Pentti Holappa |
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