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Naissance à Paris, le 22 mai 1808, de Gérard de Nerval, de son vrai nom Gérard Labrunie (1808-1855).
Originaire du Périgord par son père, Étienne Labrunie, médecin-adjoint de la Grande Armée, Gérard de Nerval est attaché à la terre du Valois par sa mère, Marie-Antoinette-Marguerite Laurent, fille d’un commerçant linger de la rue Coquillière à Paris. Tiraillé par ce double héritage, Gérard Labrunie, « Prince d’Aquitaine » féru de généalogie et d’ésotérisme, ancrera une part de sa fantasmatique en terre agenaise tandis que la terre maternelle et le « clos de Nerval », situé non loin de Loisy, lui inspireront son pseudonyme et « la géographie magique » qui baigne certains de ses récits et poèmes.
SYLVIE Confié très tôt à son grand-oncle Antoine Boucher, Gérard de Nerval grandit à Mortefontaine. Le paysage du Valois – ses étangs et ses rivières, ses lumières et ses légendes – lui inspire Sylvie, publié le 15 août 1853 dans La Revue des Deux Mondes. Sans doute la plus aboutie et la plus lumineuse des sept nouvelles qui composent le recueil des Filles du feu (paru en 1854). Toile de fond qui nourrit sa sensibilité et son imagination. Hanté par l’absence d’une mère qu’il n’a pas connue, le poète s’ingénie à reconstituer le « puzzle » de sa mémoire. Tandis que viennent se surimprimer dans les décors voilés et oniriques du paysage maternel, les trois figures féminines fondatrices de l’œuvre, images de la femme à la fois aimée et perdue. À Adrienne, la noble baronne de Feuchères, entrevue au cours de l’enfance et sublimée en une figure chrétienne, vient se substituer Aurélia, la déesse infernale, inspirée par Jenny Colon. La troisième figure est celle de la petite paysanne du Valois, Sylvie, amie d’enfance du poète.
LES FILLES DU FEU Subtilement reliées selon la mythologie personnelle du poète, autour des figures françaises du Valois – Angélique et Sylvie – et des figures italiennes – Octavie, Corilla, Isis – les nouvelles du recueil des Filles du feu, nourries des croyances et des « chimères » nervaliennes, révèlent la quête insatiable et désespérée de la femme aimée.
Incarnée dans la passion obsessionnelle de Nerval pour la comédienne Jenny Colon, le visage de la femme aimée est en partie entrevu et dévoilé à travers le syncrétisme opéré par l’écriture. Tantôt réelle, tantôt idéalisée, la femme appartient à un temps cyclique. Éternel et mythique. Le seul qui rende possible la réconciliation de « l’inconsolé » avec Aurélia, Jenny, Isis, la Vierge et la Mère.
« La treizième revient… C’est encor la première ;
Et c’est toujours la Seule, – ou c’est le seul moment… » Artémis in Les Chimères. Angèle Paoli
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D.R. Texte angèlepaoli
ADRIENNE
Gérard de Nerval, Sylvie in Les Filles du feu, Bibliothèque de la Pléiade, 1960, pp. 244-245.
GÉRARD DE NERVAL![]() Ph. © Nadar, Portrait de Nerval, 1855 ■ Gérard de Nerval sur Terres de femmes ▼ → 26 janvier 1855 | Mort de Gérard de Nerval → Delfica → Myrtho |
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