ON VOUDRAIT TENIR LE FEU ENTRE SES DENTS
On voudrait tenir le feu entre ses dents
et qu’il dure et que s’en perpétue la saveur
comme d’une feuille dans l’herbier
on voudrait laisser venir
entre soi et l’amante
la tombée du soir
pour qu’agisse sous les beautés muettes
l’autre lenteur du monde
un amour d’abord confondu
avec la fraîche ivresse
et puis rondeur au fil des jours
comme une planète dans la paix des ombres
on voudrait se tenir
dans le retrait chantant d’une fenêtre
l’œil comblé d’horizon
bouche bâillonnée
par le jour
Jean-Pierre Siméon, Presque peinte sur un mur obscur, Cheyne Éditeur, 2002, page 48.
JEAN-PIERRE SIMÉON ![]() Source ■ Jean-Pierre Siméon sur Terres de femmes ▼ → [Chaque pli du matin] (poème extrait de Fresque peinte sur un mur obscur) → [Tandis que j’écris ce poème tu dors] (poème extrait de Lettre à la femme aimée au sujet de la mort) → Retour du refoulé poétique (nrf n° 641) ■ Voir aussi ▼ → (dans la Poéthèque du site du Printemps des poètes) une fiche bio-bibliographique sur Jean-Pierre Siméon |
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