Le bâtiment du Théâtre des Champs-Élysées marque une date clé dans l’histoire de l’architecture. Construit par Auguste Perret (Henry Van de Velde avait été pressenti mais fut évincé du projet), avec la collaboration du sculpteur
Antoine Bourdelle (fresques [
Les Roses effeuillées, pourtour des Loges ;
La Sibylle de Delphes, Atrium], bas-reliefs [
Muse et Pégase, triptyque de la Loge d’Honneur], méthopes de la façade
[Apollon et les Muses accourant vers lui : la Musique, la Danse, la Comédie, la Tragédie, la Sculpture et l’Architecture]), du peintre nabi Maurice Denis (frise circulaire
L’Histoire de la Musique pour la coupole de la grande salle, ainsi que deux bas-reliefs pour le cadre de scène représentant le chant et la danse), d’Edouard Vuillard (panneaux muraux du foyer-bar de la salle de la Comédie : scène du
Malade Imaginaire de Molière), de Kerr-Xavier Roussel (pour le rideau de scène) et de Lalique (luminaires dont celui de la
coupole de la grande salle), le Théâtre des Champs-Élysées est le premier théâtre parisien à avoir été entièrement construit en béton armé, seule la façade ayant un plaquage de marbre blanc. À l’intérieur du bâtiment, les poutres ont été laissées apparentes, ce qui suscite un tollé d’indignation le jour de l’inauguration. Le bâtiment a été classé monument historique en 1957. Après quatre années de restauration complète dans les années 1980, le Théâtre des Champs-Élysées a rouvert ses portes au public en 1987.
C’est au théâtre des Champs-Élysées qu’a eu lieu (le
29 mai 1913) la première « houleuse » du
Sacre du printemps d’Igor Stravinski. C’est aussi là que, le
2 octobre 1925 (après le rachat du Théâtre par Rolf de Maré),
Joséphine Baker présenta sa
Revue nègre (avec Maud de Forest et Sydney Bechet), manifestation qui donna au jazz une consécration officielle en France.
Angèle Paoli
D.R. Texte angèlepaoli

Photo Harlingue/Viollet
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