CONTE ORIENTAL
(extrait)
Regarder apaise notre attente.
Émergent au loin d’étranges silhouettes.
On dit que ce sont les hommes du vent.
Il existe au nord des pays de neige aussi blancs que des salines.
C’est ce que racontent les oiseaux lorsqu’ils reviennent nous voir.
Ceux que je préfère, ce sont les roses, ils nous ressemblent.
À personne ici, je n’oserai dire que nous ressemblons à des oiseaux.
Nous, si petits, si friables sous les doigts.
Crispés en notre état de cristaux.
Mouvants comme le flux et le reflux dans les canaux.
Et pourtant si incapables de nous mouvoir.
Il y a toujours une ombre à approcher de la lumière.
Ici, en plein soleil.
Ou en pleine nuit sur la saline,
lune blanche.
Parfois une peur nous vient.
Bruit terrifiant des machines à trier le sel.
Mais nous, si jeunes encore dans le monde,
Si neufs et puis tout se finit dans un sac,
Disent certaines voix : pourquoi ? […]
Sylvie Durbec, « Conte oriental », in La Revue des Archers, Publication littéraire semestrielle, N° 16, Éditions Titanic-Toursky, mai 2009, page 170.
SYLVIE DURBEC![]() Source ■ Sylvie Durbec sur Terres de femmes ▼ → Carré music (extrait de Carrés) → Sylvie Durbec | Déjanire Lucetta Frisa | Deianira → Marseille, Éclats & quartiers (lecture d’AP) → (dans l’anthologie poétique Terres de femmes) Pour García Lorca, te quiero verde → (dans la galerie Visages de femmes) un court extrait de Marseille, Éclats & quartiers ■ Voir aussi ▼ → (sur le site de la mél, Maison des écrivains et de la littérature) une notice bio-bibliographique sur Sylvie Durbec |
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