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[MA COME SIAMO, POI, NOI ?] 15. Ma come siamo, poi, noi (gli italiani)? la questione fu presa di petto, e strenuamente
sviscerata, una sera, a una cena, al Montefiore del Mishkenot, con alcuni opulenti semibulgari (e con semibulgaressa, o bulgaressa proprio, solidissima): (es.:
siamo sensuali? sessuali? sensibili?): (siamo sessuatamente sensati?): (sensatamente sessuati?): (tutto dipende, alla fine, dalla lingua che ti sei scelto): (dalla lingua che ti sei subito, sopratutto): (e qui, come da tanti squisiti fumi passavi, sei stato violentato da scariche di implacabili fotografie (e di implacabili lingue) passive): (e la lingua passiva, lo vedi, anzi lo senti (sensibilmente lo senti, se lo senti): (se la senti): la lingua è già, da sola, un’ansiogena anfibologia: sessualmente sensata, per l’appunto): tale mi fu l’ultima sera, che mi fu l’ultima cena, e che fu,
come da programma, intiera, un sexy-booze and –schmooze: (gaio usque ad mortem):
la question fut prise de front, et vaillamment
disséquée, un soir, à un dîner, au Montefiore du Mishkenot, avec quelques opulents semi-bulgares (et avec une semi-bulgaresse, ou véritable bulgaresse, solidissime) : (par ex . :
sommes-nous sensuels ? sexuels ? sensibles ?) : (sommes-nous sexuellement sensés ?) : (sexués de manière sensée ?) : (tout dépend, en fin de compte, de la langue que tu t’es choisie) : ( de la langue que tu as subie, surtout) : (et ici, comme par tant d’exquises fumées passives, tu as été violé par les décharges d’implacables photographies (et d’implacables langues) passives) : (et la langue passive, tu le vois, ou plutôt tu le sens (sensiblement tu le sens, si tu le sens) : (si tu la sens) : la langue est déjà, à elle seule, une anxiogène amphibologie : sexuellement sensée, précisément) : telle fut pour moi la dernière soirée, qui fut pour moi le dernier dîner, et qui fut,
comme prévu, tout un sexy-booze and -schmooze : (gaio usque ad mortem) :
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Edoardo Sanguineti, Corollaire | Corollario [Corollario, Feltrinelli editore, 1997], Éditions Nous, Collection Now, 2013, pp. 27 et 85. Édition bilingue. Traduit de l’italien par Patrizia Atsei et Benoît Casas. Préface de Jacques Roubaud.

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