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[JE LAISSE TOMBER LE MOT MAMAN]
mère je laisse tomber le mot maman c’est vrai c’est pas pour toi ce mot ça ne te va pas mère ça oui ça syphone bien le chaud jusqu’au fond jusqu’au vide ça crie efface froid aussi oui ça c’est bien pour toi ça enlève tout le doux ce qui vertige dans mes mains ça vient de loin ce qui déchire les aubes ce qui les brise si je l’appelle mère ça trompe c’est une mère fausse elle est pas vraie ou bien juste sa trace dans le jeu des vocables dans des paroles remuées qui brouillent hôtel du port où l’océan virgule l’oiseau dans l’œil se mouette « le ciel est par-dessus le toit si bleu si… » ah non le bruit de Verlaine a couru trop vite mère ton vacarme en mal de pistolet Rimbaud Claudine Bohi, Mère la seule, Le bruit des autres, 2015, pp. 21-22-23. Peinture de couverture de Germain Roesz. ![]() |
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