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[DARKNESS HAS SET US ADRIFT AGAIN]
Darkness has set us adrift again without our knowing it we have become children of the early morning tide while we lay and dreamed, the night slipped us our moorings we have been offered immortality but we prefer to take our chance out of homesickness perhaps or out of pride, or fear of another Troy yesterday I thought I saw again behind me on the horizon smoke from the burning city and a vision of my son praying, washing his hands in the grey surf [L’OBSCURITÉ NOUS A MIS À LA DÉRIVE ENCORE] L’obscurité nous a mis à la dérive encore sans que nous le sachions nous étions devenus enfants de la marée matinale alors que nous étions couchés et rêvions, la nuit a largué nos amarres on nous a offert l’immortalité mais nous préférons tenter notre chance par mal du pays peut-être ou par fierté, ou par peur d’une nouvelle Troie hier j’ai cru voir à nouveau derrière moi dans l’horizon la fumée d’une cité en flammes et la vision de mon fils priant, lavant ses mains dans les vagues grises Geoffrey Squires, Pierres noyées, édition bilingue, Éditions Unes, Nice, 2015, pp. 78-79. Traduit de l’anglais (Irlande) par François Heusbourg. Vignette de couverture de Robert Groborne.
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| GEOFFREY SQUIRES ![]() Source ■ Geoffrey Squires sur Terres de femmes ▼ → Sans titre (extrait) → [The sound changes as it moves] (extrait de Paysages et silences) |
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