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[JE TOUCHE LE GRAIN DU SILENCE]
Je touche le grain du silence la parole suspendue à une pulsation de points et l’onde du cri soufflée par l’avalanche mots brûlés sur la page comme des corps rétractés des noyaux de chair céleste chus sur la neige ignée * l’œil son cristal soluble s’est évanoui dans le flux des transparences une larme est restée incrustée dans la vitre le soleil est recouvert d’écailles les plis de la lumière libèrent des nuées de spores sur les lèvres craquelées du cratère je m’égratigne à des rosiers de givre * de minces crevasses sillonnent le ciel par l’écartèlement de l’espace entre l’orée et l’éclipse un pan de vide s’effondre je m’enfonce dans la neige obscure squames d’un météore oraculaire copeaux de glace à la surface de l’air que la lumière abrase plumes pétales du prodige évaporé Jean-Pierre Chambon, « Bonhomme de neige s’effondrant », L’Écorce terrestre, éditions Le Castor Astral, 2018, pp. 126, 127, 128, 129. ![]() |
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