L’AVANCÉE
Ne pas
gommer les traces
Ne pas
les laisser se dissoudre
dans l’informe
Marquer d’un trait
hautes et basses arêtes
puis laisser le chemin
sans poteaux ni clôtures
s’y dessiner tout seul
Les cimes les plus hautes
ont percé les nuages
La vallée n’est que brume
où résonnent tenaces
les bruits que font les hommes
au retour des battues
Je n’ai pas souvenance
du pays que tu dis
Je marche encore
sur des chemins de terre
Une ombre me suit
c’est celle de l’enfant que je fus
et qui s’éveille encore
en moi parfois la nuit
Il se peut qu’un rayon
plus ardu illumine
un ciel de strates grises
réveillant peu à peu
l’espoir de mots guéris
repartis plus confiants
dans leur marche en avant
Il reste encore des blancs
vierges de tout passage
Je n’y écrirai rien
qui puisse forcer le trait
ni brouiller le silence
Sans lui les mots
resteraient sans substance
Alain Helissen in Chemins, Atelier Poésie de Cognac, Poésie et prose 2018, Expression Culturelle Éditeur, 2018, pp. 66-67.
| ALAIN HELISSEN
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