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[LE TEMPS SÉJOURNE]
Le temps séjourne. À mes mains, la main des siècles, à ma bouche, langues qui savent la soif des millénaires. Silex. Galet. Sable… Et les touches d’un instrument, sous mes doigts. L’ébauche sourit ; c’est qu’elle connaît les pleurs, les soleils. Le blé meurt, c’est qu’elle devient farine, la pierre. Aux corps, les massacres. Aux corps, chaque mot, son poids de terre, ses battements d’ailes. Et ce soir, au corps de la fatigue, un invisible merci (le mutisme, compact, empêche ; le blanc s’effrange, le bleu désaltère, m’enlace le silence). Larmes du marbre, larmes de l’arbre ; le temps nidifie ; pâle soleil. Evelyne Boix-Molès, Se taire et se taire, Al Manar, Collection Poésie, 2018, pp. 22-23. Prix du premier recueil de poèmes 2020.
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| EVELYNE BOIX-MOLÈS ![]() Source ■ Voir aussi ▼ → (sur le site des éditions Al Manar) une notice bio-bibliographique sur Evelyne Boix-Molès |
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