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[TOUT CE QUE TU PEUX ESPÉRER MAINTENANT]
Écoute, tout ce que tu peux espérer maintenant, c’est que les choses lèvent un peu, de temps à autre, qu’elles se dressent, quittent un instant leur terre et puis se posent de nouveau : une illusion, certainement, si tangible pourtant les quelques secondes qu’elle règne ! Avec un brin de chance et vu ton âge, à moins de quelque accident, cela devrait encore durer vingt ans, peut-être trente. Et puis tu tireras ta révérence, du mieux qu’il te sera donné — on choisit rarement sa fin. Tu signerais ces lignes si tu le devais, je le crois. Tu ne saurais juste pas trop où poser ton nom. À moins de la feuille transparente qui vole en toi et que tu ne pourras jamais saisir. Je ne t’en dirai pas plus, ne m’en veux pas, regarde plutôt : la porte, le couloir, les escaliers, une autre porte, la rue, des rues, la sortie de la ville, la route, la campagne, d’autres villes, d’autres pays : tu es, nous sommes toujours partout entre les mains du mystère le plus pur.
Rien n’y fera Toujours la même éternelle absence Mais de quoi ? Dans quel sens court-elle La route ? Que fera-t-elle quand elle sera au bout ? Franck André Jamme, Bois de lune, Fata Morgana, 1990, pp. 57-59-60. Gravures de Richard Texier. ![]()
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| FRANCK ANDRÉ JAMME (1947-2020) ![]() Ph. © Jean-Marc de Samie Source ■ Franck André Jamme sur Terres de femmes ▼ → [Tu en as rêvé quelquefois] (autre poème extrait de Bois de lune) → [Tu viens souvent avec ton oiseau sur le poing] (autre poème extrait de Bois de lune) → les mygales (poème extrait du recueil Au secret) ■ Voir aussi ▼ → (sur le site du cipM) une fiche bio-bibliographique sur Franck André Jamme |
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