Les ruisseaux –
je pense à ce titre –
j’aime ce mot,
les ruisseaux tout court,
simplicité du ruisseau,
sa compagnie,
sa leçon dans l’herbe.

Ph. Angèle Paoli
***
L’écriture,
on entend ce qui compte, a compté,
perdu puis rendu par l’écriture,
cette orangeraie
ou ce matin à Izzoumer,
avec ton père tu achètes des beignets,
l’été,
l’eau glacée des seghias,
les groseilles de la haie voisine,
les cerises cueillies avec cet ouvrier marocain,
ce pain qu’i partage à midi,
tu n’en as plus jamais mangé d’aussi bon.
***

Ph. Angèle Paoli
Le vieux pont, la rivière –
ce sera une année à violettes-
la lumière vive sur les pierres,
on a le temps,
les obligations sont laissées de côté, les soucis,
près de l’église et du château, des cyprès,
la Toscane,
on allait souvent en Italie l’été,
marcher dans le présent, cueillir,
les arbres sont prêts pour le printemps,
on sent leur force, leur élan dans leur dépouillement net.
***
Saint-Guilhem-le-Désert,
l’ermitage au bout d’un sentier,
des pierres et du buis
et cette eau dans le village,
il y a longtemps, je fus émerveillée par toutes ces
fontaines au coin des rues,
par ce nom d’abord repéré sur une carte,
tant d’eau dans un désert,
le chemin commençait par ressembler à quelque chose.
Josette Ségura, Les ruisseaux suivi de Petite suite, Poèmes, Dessin de couverture Catherine Sourdillon, Éditions Illador 2025, pp.18, 22, 67, 77.

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