PETITE ÉLÉGIE
Blaise Cendrars, à la fin de ses jours, vieux
et malade, a écrit ses derniers mots :
Ce matin, sur le rebord de la fenêtre, un oiseau.
Je trouve cela si beau et si émouvant
que je peux à peine le supporter, même
si cela me fait voir le poète âgé, la tête
tournée vers la fenêtre et un petit oiseau
perché là, regardant à l’intérieur, s’inclinant
vers le nez bulbeux et les yeux plissés :
Je suis venu te rendre visite, vieil homme.
Mais maintenant, mes ailes vont s’ouvrir, elles vont battre,
car voler est mon grand frisson,
et dès qu’elles se déploient,
elles m’appellent à l’envol.
Au revoir.
Le matin, le rebord de la fenêtre et l’oiseau
se sont tous envolés. Au revoir, au revoir.
RON PADGETT, Traduit de l’anglais (États-Unis) par Jean-Baptiste Para in Blaise Cendrars, Juin-juillet 2026, EUROPE pp.174-175

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