Il y a nos pas alignés sur l’Odéon
ton œil coulant mon noir
puis cette infime hésitation avalée
entre ton je t’aime et mon prénom
tu mens mal mais j’aime tellement te croire
Nos creux avaient l’odeur des rivières
nos pleins comblaient
les poumons vides du rocher
tu t’es déposé en moi par la racine
Il est vain d’espérer celui dont la fièvre
porte un prénom.
J’essaie de me réveiller de toi
Mais tu avales toutes les aubes à venir
Là où le voile se lève
l’évidence s’évide
par salve l’écume claire
coule en arrière des yeux
Gaëlle Fonlupt, À la chaux de nos silences, Éditions de Corlevour 2023,
Prix Max Jacob découverte 2024 in « Spirla 4», Le Secret 2026, p.26.

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