Pour Nicole
Sous la clarté de la lune
Tu suis du regard
La respiration sinueuse et apeurée
D’un serpent entre les pierres
Sèches de la nuit
Serpent qui se met au matin
À danser parmi les cheveux
Hirsutes de l’herbe encore verte
Dans le ciel qui s’inverse et se courbe
Dans ton regard d’enfant
Soleil qui tremble
Au miroir calciné du ciel
Et qui palpite
De plaisir sur la peau
Chaude et nue
De la lumière

Ne plus voir la lumière
Qui sommeille puis
S’efface dans la mémoire
Enfouie des rêves
Attendre que les ténèbres
Fassent patiemment
Sous terre la toilette
Amoureuse des morts
Le vent libère
Ses chevaux
De miséricorde
Qui galopent à perdre
Haleine
Sur la crête des nuages
Immobiles dans ton œil
Ébloui par trop de lumière
François Teyssandier, Brefs éclats de silence, Cahiers du Loup bleu, Les Lieux-Dits 2026, pp.18-19.

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