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Plante du salut, une fois encore. »
Arburi, Arbe, Arbigliule, Savoirs populaires sur les plantes de Corse, Livre édité avec de nombreux collaborateurs pour le compte du Parc Naturel Régional de la Corse, BP 417, 20184 Ajaccio Cedex, 2003 (Quatrième édition), selon une maquette et une mise en page de Jean Garcia. Extrait d’un article de Lucie Desideri, L’Asphodèle, page 294.
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COMMENTAIRES et CITATIONS :
Voir aussi l’article « Asphodèle » du site nature.jardin.free.fr dans lequel je note tout particulièrement les remarques suivantes concernant la Corse :
« Fleur sacrée dans la mythologie grecque et romaine, emblème de la résurrection, relatée par Homère (l’Odyssée) qui l’associait aux Champs Elyséens où séjournaient les âmes des morts, qui se nourrissaient de leurs racines. Association reprise dans les œuvres poétiques de Victor Hugo (‘parfum d’asphodèle’de Booz endormi) et André Chénier ( «L’Aveugle »). L’asphodèle revêt encore de nos jours une importance symbolique en Corse, Grèce et Italie. En Corse (Asphodelus microcarpus Viviani.), durant les fêtes de la Toussaint, les épis floraux étaient trempés dans de l’huile d’olive, puis allumés et déposés près des tombes. Ce genre comprend une quinzaine d’espèces d’annuelles et de vivaces, originaires des régions méditerranéennes et d’Asie Mineure. En Europe le genre fait partie des plantes protégées. Il a les propriétés de résister au feu. »
Je cite les vers de Hugo et de Chénier :
• « Booz ne savait point qu’une femme était là,
Et Ruth ne savait point ce que Dieu voulait d’elle.
Un frais parfum sortait des touffes d’asphodèle ;
Les souffles de la nuit flottaient sur Galgala. »
Victor Hugo, La Légende des siècles, « Booz endormi ».
N.B. Le TLF (Trésor de la langue française) note l’emploi chez Hugo du mot asphodèle au singulier (« comme s’il s’agissait d’une matière »), mais je remarque que Chénier écrit aussi asphodèle au singulier.
• « Puis il ouvrait du Styx la rive criminelle,
Et puis les demi-dieux et les champs d’asphodèle,
Et la foule des morts […] »
André Chénier, «L’Aveugle », vers 189, 190, 191.
• Autre citation fournie par le TLF :
« Parmi les plantes, la mauve rampante avec ses fleurs rayées de pourpre, et l’asphodèle avec sa longue tige garnie de belles fleurs blanches ou jaunes, se plaisent à croître sur les tertres funèbres. La blanche ne vient guère que dans les parties méridionales de la France et de l’Europe, où de tout temps elle s’harmonise, ainsi que la jaune, avec la mauve. »
Bernardin de Saint-Pierre, Harmonies de la nature, 1814, p. 101.
• Voir aussi le poème « Pholoé » de Leconte de Lisle, tiré des Poèmes antiques, où le mot asphodèle est employé au féminin :
« Oublie, ô Pholoé, la lyre et les festins,
les dieux heureux, les nuits si brèves, les bons vins
et les jeunes désirs volant aux lèvres roses.
L’âge vient : il t’effleure en son vol diligent,
et mêle en tes cheveux semés de fils d’argent
la pâle asphodèle à tes roses. »
Ci-dessous le COMMENTAIRE de ymmage en date du 19 décembre 2004 :
« Hastula Regia, le bâton royal ! Ainsi est encore nommée l’asphodèle. Aucune plante, que je sache, n’est pourvue de tant de noms divers. On l’appelle aussi « bâton de Yâqûb », et le chasseur Orion le porte lorsqu’il chasse. Ainsi désigne-ton son baudrier céleste qu’en la contrée où je me trouve on nomme : I tre Urdinati.
[…]
Ce pays-ci est plein de récits et légendes que je m’efforce de comprendre et dont je m’assure que la cohérence, qui n’est pas immédiatement perceptible, recouvre un monde de savoirs que symbolise l’asphodèle. »
Jacques Lovighi, Le Sultan des asphodèles, Editions Autres Temps, 1995, pages 25-26.
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