Chapelle mortuaire, Azzana (Corse) Ph., G.AdC
CHJAM’È RISPONDU
Combien de tombeaux faut-il
De part et d’autre de la même mer…
«…Par-delà les guerres,
Par-delà les frontières
Pour bâtir le songe rétabli
Dans la course du vent meurtri »
Tahar Bekri, poète tunisien, La Brûlante Rumeur de la mer
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Ô comme les pays se ressemblent
Et se ressemblent les exils
Tes pas ne sont pas de ces pas
Qui laissent des traces sur le sable
Tu passes sans passer
Abdellatif Laâbi, Le Spleen de Casablanca, Éditions La Différence, 1996.
Je ne me reconnais d’autre peuple
que ce peuple
non issu de la horde
nuitamment nomade
laissant aux arbres leurs fruits
aux animaux la vie sauve
se nourrissant du lait des étoiles
confiant ses morts
à la générosité du silence
Abdellatif Laâbi, Fragments d’une genèse oubliée, Paroles d’aube, Grigny, 1998.
« C’est cela la poésie de Laâbi, cet entraînement qui ressemble à la vie, parce qu’il faudrait le tuer pour l’arrêter. Pareille vivacité fait surgir dans le corps rebelle quelque chose qui dit non, mais elle produit aussi une réflexion : ne pas céder, ne pas plier, afin de créer l’état propice à la pensée libre. »
Bernard Noël, in La Poésie marocaine de l’indépendance à nos jours, Éditions La Différence, 2005, page 135.
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