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NOTE d’AP :
** Depuis la rédaction de cette note (avril 2008), plusieurs poèmes ont été publiés et traduits en français dans la revue Italies (Revue d’études italiennes, Université de Provence, Poètes italiens d’aujourd’hui, 2009/1, n° 13, pp. 43-54), précédés d’une communication d’Estelle Ceccarini (maître de conférence à l’Université de Provence)[« La poésie d’Elisa Biagini, images de l’intime et démystification du monde » (id., pp. 27-42)], et également dans la revue Inuits dans la jungle (numéro 5, janvier 2014), dans une traduction de Jean Portante. La traduction que j’ai effectuée des trois poèmes ci-dessous a aussi été publiée dans le premier numéro de la revue de poésie Place de la Sorbonne (mars 2011, pp. 129-131), en même temps qu’une notice sur Elisa Biagini (page 158). En 2017 a paru aux éditions Cadastre8zéro (dans la collection Donc dirigée par Bernard Noël) la traduction française de Da una crepa, par Roland Ladrière et Jean Portante : Depuis une fissure.
VOCE SCRITTA
Voce scritta
sul vetro, pelle
affondata di
lana, unghie come
cadute sul tappeto:
ma per te ho
scarpe di
campanelli, ogni
voltarmi carta
vetrata sul tuo
muro.
Elisa Biagini, La sorpresa nell’uovo in Nel bosco, Giulio Einaudi Editore, 2007, p. 60.
VOIX ÉCRITE
Voix écrite
sur le verre, peau
coulée de
laine, ongles comme
tombés sur le tapis :
mais pour toi j’ai
des chaussures à
clochettes, chaque
fois que je me retourne papier
de verre sur ton
mur.
Traduction Angèle Paoli
PERDUTA ?
Perduta ? è il bosco
che mi segue, che beve
la mia ombra, mi
svuota, tronco cavo:
io foglia, tra le
pagine di un libro.
Elisa Biagini, Gretel o del perdersi, in Nel bosco, p. 110.
PERDUE ?
Perdue ? C’est le bois
qui me suit, qui boit
mon ombre, me
vide, tronc creux :
moi feuille, entre les
pages d’un livre.
Traduction Angèle Paoli
NEL BOSCO
Nel bosco
gli occhi sono
sganciati come
bottoni, la bocca
un’asola.
Il viso tutto
un pugno che
si chiude.
Elisa Biagini, Gretel o del perdersi, in Nel bosco, p. 121.
DANS LE BOIS
Dans le bois
les yeux sont
dégrafés comme
des boutons, la bouche
une boutonnière.
Le visage entier
un poing qui
se ferme.
Traduction Angèle Paoli
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