CRONACHE DI PRIMAVERA
Il primo uomo
nudo, al mattino sul greto del fiume
rabbrividiva ancora. Amore, a sera,
tormentava la donna che il fanciullo,
meraviglioso, abbandonava : il vivido
gesto di lui io vidi entro una buia
strada protesa alla campagna : amici
gli erano i nuovi campi e il sole — i lunghi
gridi dei treni nella notte accesi.
L’amore di se stessi non è forse un sogno
vissuto ad occhi aperti per le strade?
Sandro Penna, Stranezze [1957-1976], in Poesie, Garzanti Editore, Collana Gli Elefanti, febbraio 2000 (settima edizione), pp. 419-420. Prefazione di Cesare Garboli.
CHRONIQUES DE PRINTEMPS
Le premier homme
nu frissonnait encore,
le matin dans le lit du fleuve.
Amour, le soir,
tenaillait la femme abandonnée
par sa merveille d’enfant : j’ai vu
son geste vif dans la pénombre
d’une route tendue vers la campagne : ses amis
c’étaient les champs neufs et le soleil — les longs
cris des trains qui flamboient dans la nuit.
L’amour de soi ne serait-il rien d’autre qu’un songe
éveillé sur les chemins ?
Traduction inédite Angèle Paoli
NOTICE BIO-BIBLIOGRAPHIQUE
Comme le souligne Philippe Di Meo, « grâce et légèreté se conjuguent dans cette œuvre tout à la fois limpide et délicate. Ses poèmes sont la plupart du temps brefs, de menues notations traduisant la stupeur, la surprise ou l’enchantement. L’ensemble constitue un canzionere de l’amour homosexuel.
SANDRO PENNA ![]() Source ■ Sandro Penna sur Terres de femmes ▼ → L’automne me parle déjà → [Nuit : rêve de fenêtres] (poème extrait de Croix et délice) → [La vie… c’est se souvenir d’un réveil] → Un’estate ■ Voir aussi ▼ → (sur italialibri) une bio-bibliographie (en italien) sur Sandro Penna → (sur Imperfetta Ellisse) une note très pertinente (en italien) de Giacomo Cerrai à propos du centenaire de la naissance de Sandro Penna |
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