Torna un pensiere d’amore
nel cuore stanco, come
nel tramonto invernale
ritorna contro il sole
il fanciullo alla casa.
**
Vient une pensée d’amour
dans le cœur las, comme
au crépuscule d’hiver
l’enfant face au soleil
revient à la maison.
***
Nel chiuso lago, sola, senza vento
la mia nave trascorre, ad ora ad ora.
Fremono i fiori sotto i ponti. Sento
la mia tristezza accendersi ancora.
***
Sur le lac clos, sans vent
d’une heure à l’autre mon navire passe.
Les fleurs frémissent sous les ponts. Je sens
ma tristesse s’éveiller encore.
***
Com’ero lieto sotto un albero infiore.
Credevo di soffrire ed ascoltavo
i fanciulli voler baciare un cane.
Rispondeva un guaito, – e una risata
spavalda mi faceva ancor più triste.
Tutto poi si perdeva nella luce
ed il bacio mi stava ad ascoltare.
***
Comme j’étais heureux sous un arbre en fleurs.
Je croyais souffrir et j’écoutais
des enfants qui voulaient embrasser un chien.
Leur répondait un jappement – un rire
insolent me rendait plus triste.
Puis tout se perdait dans la lumière,
il me restait à écouter le baiser.
Sandro Penna, Croix et délice & autres poèmes, Traduction de Bernard Simeone, suivi de Le monde poétique de Sandro Penna, Natalia Ginzburg, Amelia Rosselli, Pier Paolo Pasolini, Ypsilon Éditeur 2017, pp.62 à 67.

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