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Le 29 mai 1958 meurt à Porto Rico le poète espagnol Juan Ramón Jiménez.
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LA MÚSICA
De pronto, surtidor
de un pecho que se parte,
el chorro apasionado rompe
la sombra, ― como una mujer
que abriera los balcones sollozando,
desnuda, a las estrellas, con afán
de un morirse sin causa,
que fuera loca vida inmensa.―
Y ya no vuelve nunca más,
― mujer o agua ―,
aunque queda en nosotros, estallando
real e inexistente,
sin poderse parar.
LA MUSIQUE
Soudain, jailli
d’un cœur qui se déchire,
le jet passionné brise
l’ombre, ― comme une femme
qui, pleurant, ouvrirait sa fenêtre,
nue, aux étoiles, avec le désir fou
d’une mort sans raison,
qui serait folle vie immense.―
Et qui ne revient plus jamais,
― femme ou eau ―,
bien qu’elle reste en nous, éclatante
réelle et inexistante,
sans nulle trêve.
Juan Ramón Jiménez, Beauté [Belleza, 1923], José Corti, Collection Ibériques, 2005, pp. 94-95. Édition bilingue. Traduit par Bernard Sesé.
| JUAN RAMÓN JIMÉNEZ ![]() ■ Juan Ramón Jiménez sur Terres de femmes ▼ → LA PAZ → NOCTURNO → SOL (+ notice bio-bibliographique) → 21 DE OCTUBRE ■ Voir aussi ▼ → (sur le site du Prix Nobel) une fiche biographique |
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