Tours de l’énigme
que dresse
Miroir ardent
Pollens aux grains dansant
Nourriture insue
d’une nuit
qui dégorge
Françoise Jones, Vert pourtant d’une nuit dormante, Éditions L. Mauguin, mars 2006, p. 31. Tirage à 300 exemplaires numérotés constituant l'édition originale.
BIO-BIBLIOGRAPHIE
Le jeudi 30 mars 2006, j'assistais à la lecture (chez Laurence Mauguin à Paris) du dernier opus de
Françoise Jones, Vert pourtant d’une nuit dormante, sorti des ateliers de l'éditeur le jour même. Une lecture assurée par l'auteur en personne. Françoise Jones est née en 1947 à New York, et vit à Paris. Maître de Conférences en ethnologie et sociologie à la faculté de philosophie et de sciences sociales de l'Université Jules-Verne à Amiens, poète, peintre et graveur, elle se refuse au mélange des genres. Dans chacun des territoires qu'elle arpente, Françoise Jones crée une œuvre indépendante et exemplaire, qui vit avec son point fusionnel propre. Pour elle, l’âge d’or est celui de l’enfance préscolaire où elle a découvert « les couleurs, les lignes, les mots ». Depuis lors, « elle peint, elle dessine, elle écrit, et marche à la découverte d’un jardin (le premier) mi-corseté, mi-friche en verger ». Françoise Jones a publié aux éditions
Laurence Mauguin l'opus
Transports d’ailes saisies (2003) et
Détachée d'une foudre intacte (2009).
« Couleurs et lignes et mots ne sont pas pour moi "réels", c’est-à-dire présents, en tant qu’eux-mêmes. Tableau ou poème ne sont pas d’abord objet, chose, mais lieu de pertinence et moment opportun entre dicible et lisible, configuration et vision.
Dans ce qui est peint, gravé, écrit, le blanc comme le silence, s’imposent nécessaires à la tension des mots écrits et dits, du noir, des couleurs, du sens qui ne se réduit pas à la signification : s’il y a vide, qu’il soit espace où l’air circule, et non pas néant.
Ainsi au-delà de toute attente d’intelligibilité immédiate, figuration ou abstraction, l’œuvre, qui est surgissement, offre la présence conjointe de l’échelle et de l’énigme. »
Françoise JONES
NOTE : pour rester fidèle aux exigences d'écriture de l'auteur, j'ai décidé de laisser cette note sous une forme purement textuelle. Tout en veillant à respecter (ci-dessus) la mise en page (optimisée sous Internet Explorer, version 5 et supérieure) de l'ouvrage de Françoise Jones. La poésie de Françoise Jones est dans la concision (presque janséniste) et le décentrement. Le lyrisme et le "je" n'y ont pas leur place. Seul le noyau densifié de l'émotion trouve forme sur la page. Chaque espacement et chaque "espace fine" (au sens typographique) sont calculés au fil de diamant. Répondent et co-respondent à un souffle, une respiration, un silence, dont rend précisément compte la lecture à voix haute de cet ouvrage. Restent quelques mots (qui ne trouvent leur plein sens qu'en constellation, c'est-à-dire en relation avec les autres mots/espaces de cet opus). Textes stellaires, gemmes mots, dont l'extrait choisi ici ne peut être qu'un éclat/éclair.
Angèle PAOLI
Textes poétiques publiés par Françoise Jones :
- Tant se perdirent, in Le Nouveau Commerce, printemps-été 1996 ;
- Douze poèmes, in Neige d'août, été 2000 ;
- Tertres, éditions Manière noire, Collection Longitudes, 2001 (20 poèmes et 2 burins originaux justifiés et signés de l'auteur) ;
- Transports d'ailes saisies, éditions L. Mauguin, 2003 ;
- Poèmes, in Pas, été 2003 ;
- Vert pourtant d'une nuit dormante, éditions L. Mauguin, 2006 ;
- Détachée d'une foudre intacte, éditions L. Mauguin, 2009.