Ph., G.AdC
OTTOBRE, NOTTE
« Accetta questo silenzio: la parola stretta nel buio della gola come una bestia irrigidita, come il cinghiale imbalsamato che nei temporali di ottobre scintillava in cantina. Livido e intrecciato di paglia, il cuore secco, senza fumo, eppure contro il fulmine che inchiodava la porta, ogni volta nel punto esatto in cui era iniziata la morte: l'inutile indietreggiare, il corpo ardente, il calcio del cacciatore sul suo fianco.
Chiudi gli occhi. Pensa: lepre, e volpe e lupo, chiama le bestie che cacciate corrono sulla terra rasa e sono nella fionda del morire o dell'addormentarsi sfinite nella tana dove solo chi è inseguito conosce davvero la notte, davvero il respiro. »
Antonella Anedda, Notturni in Notti di pace occidentale, Donzelli Poesia, Donzelli editore, Roma, 1999, p. 58.
OCTOBRE, NUIT
« Accepte ce silence : la parole étranglée dans le noir de la gorge comme une bête engourdie, comme le sanglier empaillé qui durant les orages d’octobre étincelait dans le cellier. Livide et tressé de paille, le cœur sec, sans fumée, et pourtant face à la foudre qui clouait la porte, chaque fois à l’endroit exact où la mort avait commencé : l’inutilité de reculer, le corps ardent, la crosse du chasseur sur son flanc.
Ferme les yeux. Pense : lièvre, et renard et loup, appelle les bêtes qui pourchassées courent sur la terre rase et sont à un jet de fronde de mourir et de s’endormir épuisées dans la tanière où seul celui qui est poursuivi connaît vraiment la nuit, vraiment le souffle. »
Antonella Anedda, Notti di pace occidentale in Les cahiers de poésie-rencontres, Écritures de femmes, N° 49-50, 2002, p. 22*.
* Les Notturni ne sont pas présents dans Nuits de paix occidentale, L’Escampette Editions Poésie, 2008.
NUITS DE PAIX OCCIDENTALE
« La force d’un livre comme Nuits de paix occidentale semble tenir à une tension toujours renouvelée entre un souci de réserve pudique, de loyale retenue, où le chant révèle sa part d’ombre et de silence, et un élan profond, une ardeur immédiate dans le don de soi, dans l’incandescente offrande de parole. Si les poèmes d’Antonella Anedda font penser à un tissu sans couture, mais brûlé ou lacéré par endroits, c’est qu’ils font place à la fois à la scène de l’intime et à la scène de l’Histoire, à l’élégie et à la tragédie, à la force nue de l’amour et aux forces armées de la violence. Leur modulation, idéalement continue et pérenne, n’en est pas moins soumise à d’implacables déchirures par la contingence ou les terribles lois de nécessité. »
Jean Baptiste Para, « Basse Lumière », avant-propos de Nuits de paix occidentale, L’Escampette Editions Poésie, 2008, page 5.