Ph., G.AdC
MAGGIO, NOTTE
a mia madre e mio padre
« Vento di maggio da Bonifacio a Corte, maestrale dalle Bocche a ritroso fino a Santa Teresa e a sud del sud fino al Campidano. Arcipelaghi a stella e furore di bellezza senza dei. Le mucche sfilano per la festa di Sant'Efisio con le corna circondate di fiori, avanzano con il mare luce-bianca sul dorso. Laggiù ― l'orizzonte. Qui ― nella stanza ― muore il cane più amato con il muso socchiuso alla luce quasi finito da una mano invisibile. »
Antonella Anedda, Notturni, in Notti di pace occidentale, Donzelli Poesia, Donzelli editore, Roma, 1999, p. 53.
MAI, NUIT
À ma mère et mon père
« Vent de mai de Bonifacio à Corte, mistral depuis les Bouches à rebours jusqu’à Santa Teresa et au sud du sud jusqu’au Campidano. Archipels en étoile et fureur de beauté sans dieux. Les vaches défilent pour la fête de Sant’Efisio, avec les cornes entourées de fleurs, elles avancent avec la mer lumière-blanche sur le dos.
Là-bas ― l’horizon. Ici ― dans la pièce ― meurt le chien le plus aimé, avec le museau entrouvert à la lumière comme fini par une main invisible. »
Antonella Anedda, Nuits de paix occidentale in Les Cahiers de poésie-rencontres, Écritures de femmes, n° 49-50, Lyon, mai 2002, page 19*.
* Les Notturni ne sont pas présents dans Nuits de paix occidentale, L’Escampette Editions Poésie, 2008.
NUITS DE PAIX OCCIDENTALE
« La force d’un livre comme Nuits de paix occidentale semble tenir à une tension toujours renouvelée entre un souci de réserve pudique, de loyale retenue, où le chant révèle sa part d’ombre et de silence, et un élan profond, une ardeur immédiate dans le don de soi, dans l’incandescente offrande de parole. Si les poèmes d’Antonella Anedda font penser à un tissu sans couture, mais brûlé ou lacéré par endroits, c’est qu’ils font place à la fois à la scène de l’intime et à la scène de l’Histoire, à l’élégie et à la tragédie, à la force nue de l’amour et aux forces armées de la violence. Leur modulation, idéalement continue et pérenne, n’en est pas moins soumise à d’implacables déchirures par la contingence ou les terribles lois de nécessité. »
Jean Baptiste Para, « Basse Lumière », avant-propos de Nuits de paix occidentale, L’Escampette Editions Poésie, 2008, page 5.